01 mai 2006

?uestlove : "Etre ignorant n'a rien de cool"


Essayez d'imaginer le Hip Hop dans trente ou quarante ans. Avec un peu de chance, un nouveau courant musical aura émergé depuis longtemps. Le rap aura retrouvé sa place dans l'ombre et n'aura plus besoin d'être cool ou à la mode. L'important sera d'être créatif et pertinent, comme "jadis"... De vieux bonshommes grincheux se disputeront toujours pour savoir qui était le meilleur, Rakim, Jay-Z ou Nas, tandis que les disques de 50 Cent croupiront par centaines dans les bacs à 1€. Mais alors, qui sera notre historien officiel, notre Dizzie Gillespie ? De l'émergence de Jay-Z à la disparition de D'Angelo en passant par le génie incommensurable de Jay Dee, ?uestlove a tout vu et sera près à en témoigner, c'est sûr. Dans le dernier numéro de Tyler, nous avons eu la chance de discuter avec cette véritable "encyclopédie musicale humaine". Voici un extrait de ce qu'il avait à dire. Si vous voulez le reste de l'interview, achetez le mag !

Lyrics : Théophile Haumesser

Tyler : Est-ce qu'il y a un MC que tu ne peux pas écouter plus de dix secondes ?
?uestlove : Oooh oui ! Les discours présidentiels de George Bush (il rigole).

T. : Quelle est la pire chanson d'amour que tu aies entendu ?
?. : (Toujours hilare) "You Got Me" de The Roots.

T. : C'est drôle parce que la dernière question que je pensais te poser c'est : quel est le pire titre de The Roots, celui que tu regrettes vraiment d'avoir sorti ?
?. : Le pire titre de The Roots… Man, je frémis à chaque fois que j'entends un titre sur lequel j'ai posé ma voix. Donc je dirais "Worldwide", "You Ain't Fly" et "Pass The Popcorn".

T. : Quelle est la question la plus stupide qu'on t'ai jamais posée ?
?. : Une fois, quelqu'un m'a demandé si je pouvais avoir l'autographe de ?uestlove.

T. : Qu'est-ce que tu détestes le plus dans le Hip Hop aujourd'hui ?
?. : Je hais la promotion et la célébration qui est faite de l'ignorance. Désolé, mais être ignorant n'a rien de cool.

T. : Qui est le producteur le plus sous côté ?
?. : (Immédiatement) J-Dilla !

T. : Au fait, quoi de neuf avec les Soulquarians ?
?. : On va produire le prochain album d'Al Green.

T. : Quoi ?!!
?. : Franchement, je pense qu'on perdait notre temps. Pourquoi produire les mecs de maintenant alors qu'on peut produire pour les mecs d'hier ? On a écrit huit titres avec Al Green en une seule session. Les premiers jets sont meilleurs que tout ce qu'il a pu enregistrer ces vingt dernières années, facile. Le disque devrait sortir l'année prochaine. En fait, je suis allé voir le président de Blue Note et je me la suis raconté. Je ne pensais pas qu'il me prendrait au sérieux. Je lui ai dit "Bon, l'album du come-back d'Al Green était pas mal, mais tu sais que j'en aurais fait une tuerie, pas vrai ?", lui il se bidonnait quand je lui ai dit ça. Et quatre mois plus tard on reçoit un coup de fil : "Vous voulez toujours le job ?".

T. : C'est un truc de dingue ! Sinon, est-ce que tu penses que quelqu'un peut rivaliser avec Black Thought, sur scène ?
?. : Black Thought possède un don qu'aucun autre MC, à part un, ne possède. C'est le contrôle du souffle AB-SO-LU. Il n'y a qu'un seul autre MC qui ait une telle maîtrise, c'est KRS One. KRS peut projeter sa voix clairement et atteindre le dernier rang de la salle sans jamais s'essouffler, sans gueuler dans le micro, sans retours, sans rien. KRS mis à part, Tariq est le roi du "breath control". Il peut rapper à 200 BPM sans s'essouffler et tu comprends chaque syllabe.

T. : Et enfin, la dernière question : est-ce que tu laisseras un jour tomber ton afro ?
?. : Je pense que c'est génétiquement impossible, parce qu'elle grossit de 5cm chaque nuit (il éclate de rire).

?uestlove :"Being ignorant is not cool"


Try to envision Hip Hop thirty or forty years from now. If we're lucky, a new style of music will have emerged by then and rap music will be back in the shadows ans will no longer have to be cool or hip. The only thing it'll have to worry about will be to stay creative and relevant, just like in the "days of yore"... Old grumpy men will still be arguing about who was the illest, Rakim, Jay-Z or Nas, while 50 Cents' records will be found by the hundreds in the $1.00 bin in every record stores. But then, who will serve as our living historian of the art form, our Dizzy Gillespie? From the emergeance of Jay-Z to the disaperance of D'Angelo and the everlasting genius of Jay Dee, ?uestlove has seen it all and there's no doubt that he'll be ready to testify. In the latest issue of Tyler Magazine, we had a chance to talk with this walking music encyclopedia. Here's some of the things he had to say. If you want the rest of the interview, buy the damn magazine!

Lyrics: Théophile Haumesser

Tyler: Is there an MC that you absolutely can't listen for more than 10 seconds?
?uestlove: Oooh, yeah. The presidential speeches of George Bush (laughing).

T.: Which is the worst love song you've ever heard?
?.: "You Got Me" by The Roots (laughing).

T.: That's funny because the last question I was about to ask you was: Which is the worst Roots' song? The one you really wish you didn't release?
?.: Worst Roots song… Man, I cringe at any song that have my vocals on it. "Worldwide", "You Ain't Fly" and "Pass The Popcorn".

T.: What is the stupidest question you were ever asked?
?.: Once, somebody asked me if I could get ?uestlove's autograph.

T.: What do you hate the most about hip hop right now?
?.: I hate the absolute celebration and embracement of ignorance. Sorry, but being ignorant is not cool.

T.: Who would you say is the most underrated producer?
?.: J-Dilla!

T.: By the way, what's up with the Soulquarians?
?.: We are producing Al Green's next record.

T.: What?!
?.: I think we were wasting our time. Why produce cats of today when we can produce the cats of yesterday? We've written eight songs with Al Green in one session. Hands down, the ruff mixes are better than anything he's recorded in the last twenty years. The album is supposed to come out next year. I went to the president of Blue Note, I talked a little shit. I didn't think that he would pay attention to me. I was like, "You know that this Al Green come back was ok, but you know that I would have knocked it out the park, right?", and he was laughing. And then, we got a call, four month later: "You want that job?"

T.: Damn that's crazy! Do you think that there's an MC out there that could compete with Black Thought on stage?
?.: There's one gift that Black Thought has and that no other MC has, except for one: ab-so-lute breath control. I've only seen one other MC absolutely master perfect breath control and his name is KRS One. KRS One can project his voice clearly and absolutely reach the last row of the room all without losing his breath, without cupping the mic, without feedback, without anything. I've seen about seven shows in the past five days, I've seen everything from Jadakiss doing a party to Jay-Z and Nas finally reunite with each other. If you don't do shows, constantly, like every day, and you don't exercise your voice, it's hard to know how to project your voice and to make sure that it's clear. On stage, aside from KRS One, Tariq is the king of breath control. He can rhyme at 200 BPM without losing his breath once and you can understand every syllable.

T.: And finally, the last question: Will you ever give up the afro?
?.: I think it's genetically impossible for me to give it up. Cause every night, it grows another 2 inches (laughing).

18 avril 2006

Cage : Back From Hell


Si vous vous êtes déjà procuré le dernier numéro de Tyler, vous savez déjà que Cage est l'un des rappeurs les plus percutants et dérangés, c'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous l'avions placé au cœur de notre dossier "Les rappeurs blancs sont ils fous ?". Mais si vous vous voulez en savoir plus sur la folie qui l'habite et le chemin de croix par lequel il a dû passer pour accoucher de Hell's Winter, son meilleur album à ce jour, alors jetez vite un coup d'œil à cette interview exclusive et intégrale dans laquelle il nous parle de son nouveau LP, de son ancien label et de comment il a assisté à la transformation de Zevlove X en M.F. Doom.

Lyrics : Théophile Haumesser

Pourquoi avoir appelé ton dernier album Hell's Winter ?
C'est juste un jeu de mots que j'ai trouvé. Après Movies For The Blind, je voulais à nouveau trouver un titre d'album dans lequel il y ait un jeu de mots et, au bout du compte, ça a pris un sens tout autre, vu que j'ai changé de mode de vie et que tout va bien mieux pour moi maintenant.

Tu es passé par un bon nombre d'épreuves récemment, est-ce que cet album a été un moyen pour toi de canaliser ton énergie ?
Oui, absolument. Cet album, c'était comme un coup de foudre, c'était mon amante, ma femme, ma compagne, mon chien, mon tout. Dedans, tu trouves toute ma souffrance, tous mes regrets, tout ce qui me pourrissait la vie. Dans ce disque, J'ai balancé tout ce par quoi je suis passé. C'est une œuvre très personnelle.

Mais qu'est ce qui t'est arrivé pour que tu changes à ce point ?
C'est juste qu'un matin, j'ai eu l'impression de me réveiller dans la peau de quelqu'un d'autre. C'est comme ça que je me suis senti, tu comprends ? J'avais l'impression de ne plus être le même. C'est peut-être simplement que j'ai grandi sur le tard. Faire un disque aussi intime que celui-ci a été un moyen pour moi de remettre ma vie sur les bons rails, grâce à la musique. Ça a été une occasion pour moi de me libérer de toute la frustration que j'avais accumulée au fil des années. J'étais pris dans une spirale descendante, j'ai touché le fond, mais j'ai continué de sombrer. Cet album est le reflet de mon changement, musical, physique, mental, émotionnel. Tout au long de ma vie, j'ai juré que j'allais changer. Je ne me souviens même plus combien de fois j'ai dit que j'ai dit que j'allais le faire, ça remonte à mes quinze ans, quand je merdais et que je disais à mes parents que j'allais faire des efforts et changer pour de bon. Et dix ans plus tard, j'en étais toujours au même point. Donc ça fait un moment que tout ça aurait dû se produire.

Est-ce que tu as eu peur, à un moment, que le genre de morceaux que tu faisais, ne commence à tourner au gimmick ?
C'est clair que ça commençait à sonner comme un gimmick. J'avais l'impression de vivre un cliché. Je m'étais coincé moi-même dans une boite en continuant de refaire les mêmes morceaux encore et encore, sans que ça n'ait le moindre sens. J'en ai eu assez de ce trip et de toujours jouer les malades.

On dirait que tous les rappeurs blancs sont fous, comment tu expliques ça ?
Je ne sais pas trop. (Il regarde dans le vague puis me fixe avec un sourire étrange) C'est sans doute que tous les blancs sont barges.

Est-ce que c'était un défi pour toi de te lancer dans cet album ?
C'était un vrai challenge parce que, quand j'ai commencé à travailler dessus, je n'avais pas encore changé complètement. En fait, ce n'est qu'après avoir enregistré "Stripes" et "Too Heavy For Cherubs" que le changement a vraiment commencé à se faire sentir. J'ai pu commencer à extérioriser une partie de ce que j'avais sur le cœur. Une fois que j'ai eu bouclé ces morceaux et que j'ai pu parler de certains éléments de mon passé, c'est alors que j'ai vraiment commencé à changer. J'ai pu comprendre et apprécier un certain nombre de choses qui m'étaient arrivées, ou qui étaient arrivées à ma mère, d'une tout autre manière. J'ai passé une grande partie de ma vie à détester ma mère et à la blâmer pour ce que j'ai dû endurer. Me réveiller nuit après nuit à cause des mêmes cauchemars et essayer de mettre du sens dans tout ça, voilà ce qui a nourri cet album. Faire ce disque a été l'une des épreuves les plus difficiles de ma vie, parce que c'est tellement personnelle et intime. Ce n'est pas style ou un concept, c'est vrai.

C'était flippant de passer par tout ça ?
Ouais, c'était même terrorisant. Quand j'ai fini l'album, j'ai commencé à penser que c'était peut-être un suicide professionnel et que je n'aurais peut-être pas dû faire un truc pareil. J'étais parti tellement hors de mon élément. Quand toute ta vie, tu as été connu pour une chose en particulier et que tu te réveilles un matin en remettant en question tout ce que tu as accompli jusque là et que tu te rends compte que tu ne peux pas continuer comme ça, c'est vraiment flippant.

Quel titre a été le plus difficile à écrire ?
Sans aucun doute "Stripes" et "Too Heavy For Cherubs", parce que ce sont les titres les plus personnels. Par le passé, quand des gens venaient me voir et qu'ils me disaient "Hé, je kiffe ton album, c'est fort", je me disais que c'était cool, parce que le contenu était très limité. Mais maintenant, quand des gens viennent me dire "Hé, ton disque est mortel, c'est un truc de fou", c'est très étrange parce qu'ils connaissent tellement de choses intimes…

Est-ce que tu penses que tu aurais pu faire le même disque si tu étais resté chez Eastern Conference ?
Nan. Le truc pour moi, c'était justement de me barrer de Eastern Conference parce que la seule chose nouvelle que je faisais là-bas, c'était de vendre de moins en moins de disques parce que le label était en train de se casser la gueule. J'avais déjà Hell's Winter en tête mais je ne savais pas dans quel direction je voulais aller ni ce que je voulais en faire précisément. Tout ce que je savais, c'est que je voulais faire quelque chose de totalement différent de tout ce que j'avais pu faire avant. Definitive Jux était l'endroit parfait pour ça parce qu'ils sont justement reconnus pour la façon dont ils sortent des disques qui ne ressemblent à rien d'autre de déjà existant.

Cette fois, tu as eu l'occasion de travailler avec des producteurs différents, est-ce que c'était important pour toi ?
Oui, c'est clair. Je ne voulais surtout pas faire un album de rap classique dans le genre de ceux que E.C. fait. Avec 15 ou 20 rappeurs différents invités sur le disque, en espérant que tout ça fera vendre le truc. Je pense que les gamins sont bien trop futés et qu'ils sentent le coup fourré à 10 km. Ils savent que c'est bidon tout ça. Je pense d'ailleurs que c'est l'une des raisons pour laquelle les gens apprécient Def Jux, parce qu'ils sentent que c'est de la musique intègre, avec des paroles sensées. Eastern Conference faisait de bons disques pendant les années 90, ce temps est révolu et leur son est resté le même.

Quelle direction te vois tu prendre maintenant ?
Je n'en ai pas la moindre putain d'idée. Rien que le fait de pouvoir faire le tour du monde juste pour faire de la promo, c'est un truc complètement hallucinant pour moi. J'ai fait plus de presse pour cet album que pendant toute ma carrière. Musicalement, je pense m'orienter vers des trucs plus lourds. A mon avis, les mélanges entre rock et rap n'en sont encore qu'à leurs balbutiements. La plupart des gens qui ont fait des morceaux rock-rap, ne l'ont pas fait de la bonne manière ou ne se sont pas entourés des bonnes personnes pour le faire. Quand tu écoutes le résultat, ce sont toujours des rockers qui essaient de rapper mais qui ne savent pas le faire. C'est super mal fait. Sur le morceau "Shoot Frank", l'approche a été totalement différente. Ça ne sonne pas comme du rock & roll mais ça ne sonne pas non plus comme un titre de rap classique.

Dans trente ou quarante ans, comment est-ce que tu aimerais que les gens se souviennent de toi ?
Cette question est à la base même de cet album. Si je devais mourir demain, je ne voudrais pas que mes dernières paroles adressées au monde parlent d'un "rendez-vous avec ma bite" (il rigole). Les aventures de la queue de Chris Palko, tu vois le genre ? Quand j'écoute Movies For The Blind, j'ai l'impression d'avoir à nouveau 12 ans quand je me suis branlé pour la première fois et que je m'en suis vanté auprès de mes potes. Maintenant, je sors avec des nanas qui ne m'auraient même pas calculé à l'époque de Movies For The Blind et je n'en parle pas. Je suis dans un état d'esprit complètement différent. Je ne veux pas crever et que la seule chose dont se souviennent les gens soit que j'avais un certain talent pour jouer avec les mots et décrire mes expériences sexuelles et mes trips de drogué. Je déteste cet album maintenant, je hais le fait que je me sois donné en spectacle de cette façon. Je ne voulais pas qu'on se souvienne de moi pour ces choses là. Tout ça a joué un grand rôle dans la construction de cet album.

J'ai remarqué qu'il y avait plusieurs références à KMD sur l'album, comment ça se fait ?
Subroc était l'un de mes meilleurs amis. Je connaissais Doom, mais nous ne sommes devenus proches qu'à la mort de Subroc. D'ailleurs, Doom vient de me demander de faire un morceau sur lui. J'ai immédiatement accepté. C'est très émouvant et je ne veux pas me contenter de faire un morceau hommage cliché, genre "Putain mec, tu nous manques", tu vois ce que je veux dire ? Je veux revenir sur toute cette histoire et expliquer comment tout ça est arrivé. Je suis la dernière personne à avoir vu Subroc vivant. C'est quelque chose dont je n'ai jamais parlé avant. J'étais sur le point de faire un morceau à sa mémoire sur cet album mais quand Doom est venu me voir pour me proposer de participer à cet album de KMD, je me suis dis que c'était la meilleure place pour ce titre. J'étais là quand Zevlov X s'est métamorphosé en M.F. Doom. J'ai vu tout ça se produire. J'ai vu Doom perdre la raison quand son frère est mort. Il a choisi de porter un masque de fer et moi d'en mettre un transparent.

Cage : Back From Hell


If you've already got your hands on the lattest issue of Tyler, you know that Cage is both one of the most shocking and deranged rappers of our time, which explains why we've put him in the middle of our big "Are white rappers crazy?" article. But if you want to know a little more about his inner madness and all the tribulations that led to Hell's Winter, his best album so far, then check out this exclusive and uncut interview where he talks some more about his new LP, his ex-record company and how he witnessed the transformation of Zevlove X into M.F. Doom.

Lyrics : Théophile Haumesser

How did you get involved with Hip Hop at the beginning and how did you discover that you had this talent for writing?
I was just a fan of music, both rock and rap. I started writing when I was 12 or 13.

Tell me about the new album, why did you name it Hell's Winter?
It was just a play on words that I came up with. After Movies For The Blind, I wanted to have another play on the words title. And it ended up taking a whole different meaning, with me changing my life and getting better.

It seems like you've been through a lot lately, was this album a way to deal with all that?
Yeah, totally. It was a crush, it was my lover, it was my wife, my companion, my dog, my everything. It embodies pain, suffering, all my regrets, everything. I dumped everything that I went through on the record. It's a very personal body of work.

What happened in your life that made you go through all those changes?
I just woke up one day in someone else's skin. That's what I felt like, you know? I just felt that I wasn’t the same person anymore. I just grew up kinda late, I feel. Making such a personal record was a way for me to try to fix my life, but doing it through music. It was a way for me to vent frustration. I was on a downward spiral, I hit the ground but kept on falling. This record represents all the changes I've been through, musically, physically, mentally, emotionally, everything. I always said I was gonna change, I don't even remember how many times I've said that since I was 15 years old, fucking up, and I was telling my parents that I was going to change. And ten years later, I still hadn't change, so it was long overdue.

Did you fear that the type of songs you used to make could sound as a gimmick?
I definitely think that it started to sound like a gimmick. I thought I was living a cliché. I had pigeonholed myself, I kinda stuck myself in a box and left myself there and kept making the same senseless songs over, and over again. I got tired of that whole "I'm crazy, I'm crazy" type of thing.

Why does it seem like all white rappers are crazy?
I'm not really sure, but it's probably because white people are crazy.

Was it a challenge to do this album?
It was a challenge to do this record because I hadn't made that drastic change when I first started to make the record. In fact, the change didn't start to happen until I made "Stripes" and "Too Heavy For Cherubs" and I started to get that shit of my chest. That's around the time everything started to change, once I had recorded these songs and I started to touch on issues and my past, dealing with those things. That's when things really started to change. I started to get a different appreciation and understanding for things I went through and things that my mother may have been through. I've spent a lot of my life hating my mother for the things that I went through. Having nightmares, and waking up from a nightmare, and constantly trying to sort everything out. That's what the record is. I think that one of the most difficult things in my life was making this record, because it's such a personal record, and it wasn't an act. It wasn't just an idea or a concept.

Was it scary to go through all that?
Yes, that was horrifying. When I finished the record I started thinking that it was a career suicide. That maybe I shouldn't be doing this. It went so far out of my element. When you have been known for one thing your whole life and you wake up one morning and start questioning everything you've ever done and you realize that you just can't do this any longer, it's a scary feeling.

Which song on the album was the most difficult to make?
Probably "Stripes" and "Too Heavy For Cherubs", because they are the most personal songs. In the past, when people were coming up to me and saying "Hey, I like you record, it's dope", I was like "ok, cool", because the substance was very limited. But now when people are telling me "Hey, I like your record, it's fucking crazy", it's really strange because they know all those personal things about me…

Do you think that you could have done the same album if you had stayed on Eastern Conference?
Nah. The whole thing was me trying to get of Eastern Conference because if anything, I was selling less records because the label was on such a decline. I just wanted to do something different. Hells' Winter was in my mind but I didn't know what I wanted to do with that record or where I wanted to go with it. All I knew was that I wanted to do something that would be different from everything I had ever done before. Definitive Jux was the perfect home for that because they're notorious for putting out records that don't sound like anything else.

You also had a chance to work with different producers this time, was that important for you?
Yes definitely. I didn't want to make a typical rap record in the vein of what EC had basically installed. With 15 or 20 different rappers featured on your album, hoping that it will sell because of that. I think that the kids are smarter than that, they smell it a mile away and they know that it's not real. I think that one of the reasons that kids look to Definitive Jux for is a lot of honest music. A lot of real things being said. Eastern Conference made good records for the 90's, but that time is passed and that sound is from the 90's.

How do you see your career evolving from now on?
I have no fucking idea, man. The fact that I'm flown around the world to do press is fucking surreal to me. I've done more press for this album than I have done for my whole career. Musically, I want to get into more heavy stuff. I want to do more rock sounding stuff. I think that fusing rock & roll and rap music together is still in its very, very early stages. A lot of people that have made rock-rap songs have never used the right stuff, or didn't get the right people to do it. When you hear it, it's rock & roll people trying to rap but who can't rap. It's just not done the right way. The song "Shoot Frank", that's a totally different approach. It doesn't sound like rock & roll, but it doesn't sound like a typical rap song either.

Thirty or forty years from now, how would you like to be remembered?
That question has a lot to do with why I made this record. If I died tomorrow, I didn't want my last words to the world to be about a "rendezvous with my dick" (laughing), you know? The misadventures of Chris Palko's cock, you know? Movies For The Blind really makes me remember of being 12 years when I jerked of for the first time, and bragging to my friends about it. Now I'm hanging out with girls that I never would have a fucking shot with when I made Movies For The Blind and I don't talk about it. It's just a different state of mind. I didn't want to die and that the only thing anyone remembers is "Wow, that dude had a way with words and was really descriptive about sex and drugs". I hate that record, I hate that I've portrayed myself as anything like that. I didn't want to be remembered for this, and that was a big part of doing this record.

I noticed that there was a couple of references to KMD on your last album, why is that?
Subroc was one of my best friends. I knew Doom, but we didn't get really close until after Subroc died. Actually, Doom just asked me to do a song about him. I said yes immediately. It's a little overwhelming to do because I don't want to a typical tribute record, like "Damn, we miss you man", you know? I want to touch on that whole story about how it happened. I was the last person to see Subroc alive. It's something I've never talked about. I was going to do a song about him on my album but when Doom asked me to do a song for a KMD record, I thought that it would be a better place for such a song. I was there for the metamorphosis of Zevlove X into M.F. Doom. I've watched that happen, and I've watched how Doom lost his mind when his brother died. He put on a metal mask and I put on a transparent one.

12 mars 2006

Tyler 19 : en kiosque le 16 mars 2006


Le 16 mars prochain, retrouvez le nouveau numéro de Tyler.

Au programme, comme d'habitude, le meilleur du sport, du son, de la sappe et de l'image. Avec notamment trois athlètes explosifs : une interview exclusive du "John Shaft" du rugby, Serge Betsen, Jean-Marc Mormeck, "l'entreprenneur en cassage de machoires" et Patrick Vieira, le "Seigneur du milieu".

Côté son, pénétrez dans la psyché malade d'Eminem, Necro, Cage et R.A. The Rugged Man avec notre dossier "Les rappeurs blancs sont-ils fous ?" et découvrez ce que The Roots préparent avec l'interview de
?uestlove.

Tyler emmène les fans de sneakers au coeur de l'empire Nike, avec un reportage sur les terres de Phil Knight, au sein même des quartiers généraux de la marque au "Swoosh", à Beavertown.

Et dans Tyler 19 retrouvez également Tupac et Biggie, Chris Duhon, Corey Parker, Missill, les Harlem Globetrotters et bien d'autres choses encore.

Tyler, c'est comme la Bible, mais en mieux...

12 février 2006

J Dilla, rock, rock on...


James "Jay Dee" Yancey
7 février 1974 - 10 février 2006

29 janvier 2006

Le Top 10 de Tyler pour 2005

En attendant de voir ce que 2006 nous réserve en matière de gros son, faisons donc un petit retour sur ce que l'année passée nous a apporté comme bonnes vibes. Voici un petit florilège des meilleurs albums venus aux oreilles de l'équipe Tyler en 2005.

NAS
Streets Disciple
(Columbia Records/Sony Music)
On n'y croyait plus vraiment et pourtant il l'a fait. Plus de dix ans après Illmatic, Nas signe un autre classique. Fait extrêmement rare en rap, Streets Disciple est un double album réussi, parce que structuré comme tel et non comme une simple collection de titres, agglutinés les uns aux autres sans ligne directrice forte. Ici, l'enfant prodige du Queens revêt les habits du compteur d'histoire et repousse encore les limites de sa créativité débordante, faisant évoluer son flow toujours impeccable en fonction des prods innovantes et inspirées de Salaam Remi et L.E.S. Ambitieux et parfaitement maîtrisé, Streets Disciple replace Nas sur le trône.
T.H.

DJ REVOLUTION
Class Of '85 & ABC's Of High Fidelity
(Millenia/Nocturne-On The Corner)
Décidément, Revolution ne s'arrête plus et enchaîne les compiles les unes après les autres avec toujours autant de flair et de toucher. Sur ses deux dernières productions, Class Of '85 (56 minutes de titres Old School cultissimes) et surtout ABC's Of High Fidelity (une heure de break-beats et de boucles obscures, mixés avec brio), il prouve une fois de plus qu'un vrai DJ est bien plus qu'un simple juke-box humain et que la platine est un instrument à part entière. Technicien hors pair, Rev' met toute sa maîtrise au service des disques sans jamais casser les oreilles de l'auditeur non spécialisé en turntablisme. Un pur bonheur.
T.H.

WAX TAILOR
Tales Of The Forgotten Melodies
(Under Cover Music/Naïve)
Tales Of The Forgotten Melodies, le premier opus du talentueux producteur français Wax Tailor, s'écoute comme on regarde un bon film. Les ambiances instrumentales finement ciselées par Mister Tailor mettent l'auditeur au cœur de l'action et du suspens, aux premières loges pour suivre l'histoire que racontent ses samples et ses arrangements. On ne sait pas tout à fait si on est dans un Hitchcock ou dans un film noir des années 60, mais le metteur en sons que voici s'y entend pour faire voyager l'imagination et créer des scénettes audio aussi évocatrices et visuels que des images. Les rares invités (Charlotte Savary, The Others…) rajoutent encore un peu de piment à cet opus déjà riche en saveurs.
T.H.

HOCUS POCUS
73 touches
(On And On Records)
Avec 73 touches, les Nantais de Hocus Pocus apportent un coup de fraîcheur bienvenu dans le rap made in France. Loin des thématiques catastrophistes et déprimantes de leurs confrères, eux s'orientent plutôt vers un Hip Hop organique et enjoué, vibrant de liberté et de passion. 20Syl, le producteur et MC du groupe, démontre tout au long de ces 13 titres de belles qualités de lyriciste et de cracheur de rimes, privilégiant toujours la cohérence et la compréhension de ses textes à des exercices de styles vains et complexes. Musicalement, HP se démarque des autres groupes par leur subtil mélange de samples et d'instrumentations live et redonne envie de croire au rap français…
T.H.

CORMEGA
The Testament
(Legal Hustle)
Autant le dire tout de suite, cet album est un classique ! Presque dix ans après son enregistrement, il nous est enfin donné d'entendre The Testament dans son intégralité. Def Jam avait mis ce disque au placard pendant des années avant que Cormega n'en récupère finalement les droits. Le son est daté, certes, mais il porte la marque d'une époque où le Queens donnait la cadence à tout le reste de New York. Avec des titres tels que "Montana Diary", "Dead Man Walking", "62 Pick Up" ou "One Love" (la lettre réponse à celle envoyée par Nas sur Illmatic), 'Mega a fait de cet album un petit bijou sur lequel ses lyrics acérés font merveille. A ne manquer sous aucun prétexte !
T.H.

DWIGHT TRIBLE & THE LIFE FORCE TRIO
Love Is The Answer
(Ninja Tune/Ping Pong)
Prenez un chanteur de jazz reconnu et respecté de ses pairs (Dwight Trible), mettez le en compagnie d'un producteur Hip Hop/électro de renom (Carlos Niño, la moitié d'Ammoncontact) et laissez mijoter les deux compères jusqu'à ce qu'ils débordent d'idées en tous genres. Saupoudrez d'une bonne dose de "beat-makers" ultra talentueux (Madlib, Sa-Ra Creative Partners, Daedelus, Platinum Pied Pipers…), vous n'avez plus qu'à servir chaud sur votre platine et à déguster ! Mélange de jazz et de productions "Hip Hopisantes" novatrices, cet album est une pure merveille qui ravira les mélomanes en manque d'expérimentations sonores réussies et enthousiasmantes.
T.H.

SEAN PRICE
Monkey Bars
(Duck Down/Nocturne/On The Corner)
Aww shit!! Sean Price, a.k.a. Ruck de Heltah Skeltah, est de retour en solo et il ne plaisante pas. Alors qu'on ne le pensait retiré du rap game, Sean Peeee!! nous sort un album comme il ne s'en fait plus. Beats hardcores, rimes "coups de batte de baseball" et flows imparables, les fans du Boot Camp Clik ne seront pas déçus par celui qui s'autoproclame le "ODB du BCC". "Peep My Words", "One Two Yall", "Onion Head", ou "Bye Bye" avec le "général" Buckshot sont autant de munitions à charger d'urgence dans votre walkman. La gouaille sans pareil du lascar, alliée un choix judicieux de prods explosives (9th Wonder, Khrysis, Ayatollah…), fait de ce LP une totale réussite. Boom Bye Yeah !!!!!!
T.H.

9th WONDER & BUCKSHOT
Chemistry
(Duck Down/Nocturne/On The Corner)
The king of flow is back ! Buckshot, le général du Boot Camp Clik est de retour en grande forme avec comme nouveau partenaire l'un des producteurs les plus recherchés du moment, 9th Wonder. Comme on pouvait s'y attendre, les productions pleines de soul de 9th se marient à merveille avec le débit fluide et chaloupé du BDI MC qui semble avoir retrouvé sa verve des années "I Got Cha Opin", "Buck 'Em Down" etc. En plus de l'excellent "No Comparison", "Now A Dayz", "The Ghetto" ou encore "Money Makes The World Go Round" avec Starang Wondah font de cet album un incontournable pour tous les fans de "vrai gros son" !
T.H.

OHMEGA WATTS
The Find
(Ubiquity/La Baleine)
Arrêtez tout !!!! Mais d'où sort ce type ? Apparemment, Ohmega Watts serait un MC/producteur/graphiste new-yorkais, re-localisé pour ses études dans l'Oregon, du côté de Portland. Quoi qu'il en soit, ce talentueux jeune homme signe un premier album de très haut vol sur l'excellent label Ubiquity. The Find ressemble à ce que pourrait donner un mélange de Midnight Marauders de A Tribe Called Quest, Bizarre Ride To The Pharcyde de Pharcyde et Quality Control de Jurassic 5. Bref un mélange de breaks beats savamment ajustés et de boucles jazzy enivrantes, le tout coiffé par le flow chaloupé et serein d'Ohmega Watts. Ce premier album met la barre très haut et on attend déjà avec impatience ses prochains projets. EXCELLENT !!!
T.H.

STEVE SPACEK
Space Shift
(Sound In Color/Nocturne)
Magistral ! Voilà comment on pourrait définir en un mot le premier album solo du chanteur britannique Steve Spacek. Après des années à arpenter les scènes et les studios avec son groupe Spacek, Steve accouche d'un album soul (ou neo soul, comme on veut) somptueux. Assurant lui-même une bonne partie de la production, il pose sa voix délicate avec une assurance et une finesse dignes de Marvin Gaye ou de Curtis Mayfield, mais tout en gardant sa personnalité propre. Les sons sont sobres et efficaces et s'inscrivent en plein dans la lignée de Jay-Dee ou des Platinum Pied Pippers, avec des basses filtrées entêtantes, des arrangements subtils et des beats limpides. J-Dilla signe d'ailleurs la production du premier single, l'imparable "Dollar". Un vrai bonheur pour les oreilles !!!
T.H.

18 janvier 2006

Hip Hop Résistance présente : Hip Hop Classics Pt. 4


Attention, grosse soirée Hip Hop en perspective avec la quatrième édition des concerts Hip Hop Classics, organisés par Hip Hop Resistance. Au programme : Souls Of Mischief, Sadat X, Greg Nice, Zion I et DJ Ge-ology.

En 2004, Tyler était allé voir DJ Fab et Awer, les deux hip hopers qui ont monté HHR, pour qu'ils nous expliquent un peu leur parcours et ce qu'il faut attendre d'une soirée Hip Hop Resistance. Interview "throwback" :

Lyrics : Théophile Haumesser

En trois ans, le collectif Hip-Hop Résistance a fait venir presque 300 artistes à Paris et peut sans problème revendiquer le titre de fournisseurs officiels de soirées Hip-Hop réussies. Grâce à HHR, Madlib, Masta Ace ou Bahamadia pour ne citer qu'eux, ont pu venir à la rencontre de leur public français dans une très chaude ambiance, qui fut bien souvent propice à des concerts d'anthologie.

Tyler : A quoi peut-on s’attendre quand on vient à une soirée Hip-Hop Résistance ?
Fab & Awer : Il faut s’attendre à avoir un show de qualité, des surprises et à assister à une performance. Ce qu'on essaye aussi d'apporter c'est une soirée complète. C'est-à-dire qu'il y a toujours quelque chose qui se passe, du moment où le public entre dans la salle jusqu'à la fin de la soirée, sans aucun temps mort. Pour nous, un bon concert c’est de pouvoir vraiment voir ce qu’est un MC, c'est-à-dire un mec capable de faire crier la foule, de rapper accapella ou avec un instru, enfin tout ce qu'un véritable "Master of Ceremony" sait faire.

T. : De quel concert êtes-vous les plus fiers jusqu'à présent ?
F. & A. : C'est difficile à dire parce que tous les concerts qu'on a organisés ont été des réussites, même si certains l'ont été à différents niveaux. Mis à part le concert de Da Bush Babies, tous les autres ont été super intenses à chaque fois.

T. : Est-ce qu'il y a un artiste que vous rêveriez de faire venir à Paris ?
F. & A. : Si on reste dans le domaine du rêve, je dirais Notorious B.I.G.

T. : Comment voyez-vous l'avenir de la musique ?
F. & A. : Ce qui est bien, c'est que le public a à nouveau envie de voir les gens sur scène et pas seulement d'acheter leur CD. Ça permet à certains artistes de continuer à gagner de l'argent, même s'ils ne vendent pas énormément de disques. En ce qui concerne le rap en particulier, ça commence vraiment à tourner en rond et il faudrait peut-être que le rap meure carrément, pour ensuite renaître.

Nom : Hip-Hop Résistance
Membres : Awer, DJ Fab et Zoé
Date de naissance : juin 2001

PLAYLIST
N.W.A. : Niggaz For Life
Wu-Tang Clan : Enter The Wu-Tang (36 Chambers)
Public Enemy : Yo! Bum Rush The Show
The Notorious B.I.G. : Ready To Die
Nas : Illmatic
B.D.P. : Criminal Minded
Redman : Muddy Waters
Jay-Z : Reasonable Doubt
A Tribe Called Quest : Midnight Marauders
Ultramagnetic MC’s : Critical Beatdown

Hip Hop Résistance presents: Hip Hop Classics Pt.4


If you're in Paris next Monday, there's a big Hip Hop party that you probably don't want to miss: Hip Hop Classics Pt. 4, organized by the Hip Hop Resistance crew. Check the menu: Souls Of Mischief, Sadat X, Greg Nice, Zion I and DJ Ge-ology.

Back in 2004, Tyler asked DJ Fab and Awer, the two hip hopers who founded HHR, what was their background and what should be expected when you go to a Hip Hop Resistance party. Throwback interview:

Lyrics: Théophile Haumesser

In three years of existence, the Hip Hop Resistance crew brought over 300 acts to Paris and can now be labeled the official purveyors of dope Hip Hop parties. Thanks to HHR, Madlib, Masta Ace or Bahamadia, just to name a few, had the chance to meet their French audience, and left after having performed memorable, if not historic, performances.

Tyler: What can we expect when we go to a Hip Hop Resistance party?
Fab & Awer: You can expect to see a high quality show with a lot of surprises and real performances. What we try to bring is a complete party, meaning that there's always something happening on stage, from the moment people are stepping inside the venue until the end of the show. No time-outs. For us, a good show is when you can actually witness an MC do his thing, somebody who can move the crowd, drop a verse accapella or with the beat, all the things that a real Master of Ceremony is supposed to do.

T.: What was the best show so far?
F. & A.: It's really hard to tell because all the shows we've organized so far were successes, at a level or another. The Bush Babies concert set aside, all the shows have been real intense.

T.: Is there an artist that you'd dream to bring over here?
F. & A.: Since we're talking about dreams, I'd say Biggie.

T.: How do you see the future of music?
F. & A.: The good thing is that, once again, the public really wants to see people performing on stage and not only buy their CD. This way, a lot of artists can continue to make money, even if they don't sell a lot of records. As far as rap in particular, things are starting to get boring, maybe it needs to die altogether, so that it could rise again from its ashes.

Name: Hip Hop Résistance
Members: Awer, DJ Fab & Zoé
Date of birth: june 2001

PLAYLIST
N.W.A.: Niggaz For Life
Wu-Tang Clan: Enter The Wu-Tang (36 Chambers)
Public Enemy: Yo! Bum Rush The Show
The Notorious B.I.G.: Ready To Die
Nas : Illmatic
B.D.P.: Criminal Minded
Redman: Muddy Waters
Jay-Z: Reasonable Doubt
A Tribe Called Quest: Midnight Marauders
Ultramagnetic MC’s: Critical Beatdown

12 janvier 2006

It's a Jazz thing


Si vous aimez le Jazz sous toutes ses formes (free, latin, Hip Hop, spoken words…), alors ne manquez pas l'excellent festival Sons d'hiver qui fête cette année ses 15 ans d'existence et qui ouvre ses portes du 13 janvier au 4 février 2006 à travers tout le Val de Marne. La programmation est encore une fois judicieuse et ambitieuse (Matthew Shipp, Steve Coleman, LKJ, William Parker etc.) alors profitez-en !

If you love Jazz, in whatever shape it takes (free, latin, Hip Hop, spoken words…), then you absolutely don't want to miss this year's edition of the Sons d'hiver festival, which celebrates its 15th anniversary. It takes place all over the Val de Marne, from 01/13/06 to 02/04/06. Once again, the line up is incredible (Matthew Shipp, Steve Coleman, LKJ, William Parker etc.), so enjoy it!

Découvrez tout le programme sur le site du festival.
Check out the festival's website for all informations.
http://www.sonsdhiver.org/

29 décembre 2005

Bobbito Garcia: A Tyler kind of guy


Hip Hop, sneakers, basketball, if you ever have a question about one of those subjects, then Bobbito Garcia is the man to see. DJ, professional ballplayer and real connoisseur of sports shoes, Bobbito is passionate about everything that we are passionate about. Meet a real Tyler kind of guy.

Lyrics: Théophile Haumesser

It's so much fun to chat with Bobbito Garcia. Not only is he a basketball and sneakers fanatic, but he's also an avid record collector and a well respected DJ. The radio show he used to host during the 90's alongside DJ Stretch Armstrong helped launch the careers of some of the illest New York lyricists. From Nas to Organized Konfusion, Black Moon, Big L, Company Flow or O.C., all the best MC's of the time have stopped by at a moment or another. Fed up with the state of Hip Hop these days, Bobbito is more than ever involved in basketball. Actually, it was at the Parisian street-ball tournament "le Quai 54" that we got the opportunity to sit down and talk with him.


Tyler: You first had your break in the music industry but, lately, you seem to be more involved with basketball stuff, right?
Bobbito Garcia: I've always been involved in basketball. Before I even worked at Def Jam in 1989, I played professionally in Puerto Rico, in 1987. I also played college basketball from '84 to '88. And I've played on the playgrounds of New York for all my life. When I started getting a name in the Hip Hop world, I was still playing, and a lot of people in the basketball community in New York didn't even know I was deejaying. And a lot of people that knew me because of my parties didn't know that I was playing ball every day. But then, my name got more known in both circles and people were like, "Oh, shit! That's the same Bobbito!"

T.: How was it like to play in Puerto Rico?
B.G.: It was amazing. I mean, when Puerto Rico beat the US at the Olympics, I was one of the few people that wasn't surprised. Because when I played out there, I saw that there was a ton of great players. We lost to the USA by one point in 1976 and our pro league is ten years older than the NBA. So we have a long history of loving basketball. There's a lot of legendary players in Puerto Rico and playing out there was one the biggest highlights of my life, because I'm 5'10, skinny (laughing), and I got to play in my homeland. Nothing could be better. I never thought I'd be able to do it.

T.: Do you think that the American players have finally realized that international basketball was for real?
B.G.: Oh yeah! If they didn't get it before, they definitely got it now. It's too obvious; you got all those international players in the NBA. You have the national teams of all these countries playing very well. Even the development of the playgrounds, worldwide, is incredible. I have a basketball magazine called Bounce, I'm the editor in chief, and we got articles from South Africa, Tokyo, London, Paris… We realized that it was now an international phenomenon. We recognize the global participation of playground basketball.

T.: How and when did you get the idea to do a basketball magazine by yourself?
B.G.: I didn't do it by myself, I have four partners. I had the idea to do a basketball magazine eight years ago, but it was only my idea. Those guys approached me and asked if I wanted to be a part of it, because they were gonna do it with or without me, and I said yes. In 2003, we put all our ideas together and we're doing well so far.

T.: I also saw that you had a show on ESPN, about sneakers. Can you tell me about it?
B.G.: It's called It's The Shoes. It's all about the sneaker culture. I do interviews with artists and athletes. I got the show because I did a book called Where Did You Get Those?, and the producers at ESPN read the book, they loved it and they thought that I was the right person to do the show. It's getting great ratings and we're talking about having a second season next summer.

T.: So, who has the sickest sneakers collection?
B.G.: Of the ones that I've seen so far, I would probably say Quentin Richardson and Carmelo Anthony. But, it's not fair because they get free sneakers off their ass (laughing). And they get million dollars contracts to wear them. I keep on asking the players "Yo, don't you think it's excessive to have 500 pairs of sneakers?". And a lot of kids on the internet, they hate me for that. But I just want to show that it's not about quantity, it's about quality and style. You can have one pair of sneakers and have a lot of style and have 500 pairs and don't know how to wear them.

T.: I heard that you were now an "ex sneaker addict", have you really got ridden of your whole collection?
B.G.: Yeah, that's true. One of my criticisms of Hip Hop is that it's becoming too materialistic. Hip Hop has always been materialistic, but it's always been balanced as well. I kinda felt that I couldn't be materialistic in my own life and be critical of others. Me, I'm a professional ball player and I need good sneakers to wear on my feet when I play, that's all. But I'm still interested in sneakers. Actually, I designed a couple of sneakers. The last one I did was for Adidas (he says it with a French accent). I did it for the 35 years anniversary of the shell toe. I did a special, 4.000 limited edition, Project Playground design. They sold out! Reebok has been talking to me about designing the DJ shoe that they have, with the headphones on the heel. And we may come out with a D.J. Cucumberslice special edition.

T.: Alright, but if you ever want to get rid of your records, please give me a call…
B.G.: (Laughing) Yeah, I got a lot of records. But I want to keep them for the rest of my life. I want to give them to my kids 'cause I've inherited a lot of records from my father. He gave me records from the 50's so if I give them to my kids, they'll be like 60 or 70 years old.

T.: What's the situation like with your labels, Fondle 'Em and Fruitmeat Records?
B.G.: They are both dead. I'm not doing either of them anymore. I have so much on my plate right now, that I don't really have the time for that. And the independent music scene is not what it used to be, so I use my energy going towards new challenges. Like the TV show and doing the magazine. I also do the voice for EA Sports' NBA Street Volume 2 and 3, the book Where Did You Get Those? is being developed into a documentary film. I still DJ twice a month in New York and all around the world. Besides, I don't get a lot of good demos. The game is different now, somebody who got a good demo will probably put it on the internet instead of approaching me and saying "Yo, I wanna put it out on vinyl", you know?

T.: Some people may not know that but you helped M.F. Doom get his career back on track. Are you surprised by his success?
B.G.: I am and I'm not. I'm so happy for M.F., him and I went through a lot. He got dropped from Elektra with KMD and when he became M.F. Doom, I put out his first five or six records on Fondle 'Em. He was fun to work with. Sometimes he was a pain in the ass (laughing), but that's my man. I love him. It's really good to see someone who put that much time into his music finally getting his due. Like, he get so much press now… I saw him perform in Central Park last summer, with De La Soul and The Roots, it's great for him.

T.: How would you say that Hip Hop has changed the most over the last ten years?
B.G.: Hip Hop has reached its creative high point about ten years ago. So a lot of stuff that comes out now, people are saying "He's the best" or "He's the best" but they're not really the best, it's just that they sell a lot of records. If you listen to records from ten or fifteen years ago, the rhymes are written better, you hear a lot of singing now in Hip Hop… It's fine, I mean, singing has always been a part of Hip Hop but I feel like in terms of rhyme structure and beat making, it already peaked. I would say that in another ten years, it's gonna be another form of music and another culture that's gonna be underground at first and then, years later, that's gonna be the next big thing.

T.: Do you still listen to a lot of Hip Hop these days?
B.G.: Oh absolutely. I go to Fat Beats once a month and I shop for records. I love the new Common album, I like Medaphoar from Stones Throw, there's still people out there making good records, but it's just not as many. That's why I quit doing the radio show. I did it for twelve years, but when you do a show from 1 AM to 5 AM and there's only five records that you like… it's hard.

T.: The Stevie Wonder compilations that you and DJ Spinna released last year were great, have you heard his new record?
B.G.: Nah, I haven't heard his new album yet, but I heard the single. I thought that the song was cool, but I didn't love it. I felt like he was trying to say too many words in one verse and I love Stevie Wonder when he has clarity. I think that it's what he's great at, and I don't think that record had clarity. But I love Steve Wonder, he's my favorite artist. (With an air of defiance) I love him better than Run DMC!

If there's anything else you'd like to know about Bobbito, check out those sites:
www.somosarte.com/Bobbito/
www.projectplayground.com
www.bouncenyc.com

Bobbito Garcia : Un mec à la Tyler



Hip Hop, sneakers, basket, si vous vous posez une question sur l'un de ces sujets, Bobbito Garcia est votre homme. DJ, basketteur professionnel et grand connaisseur de "souliers de sports", Bobbito se passionne pour tout ce qui nous passionne. Rencontre avec vrai un mec à la Tyler.

Lyrics : Théophile Haumesser

C'est un réel bonheur de discuter avec Bobbito Garcia. Fanatique de basket et de baskets, le gaillard est également un grand collectionneur de disques et un DJ très respecté, dont l'émission de radio qu'il animait durant les années 90 avec son compère Stretch Armstrong à New York a vu défiler toutes les grandes pointures de l'époque. De Nas à Organized Konfusion en passant par Black Moon, Big L, Company Flow, Mad Skillz et tant d'autres, tous les plus grands MC's sont un jour passés sur son show. Déçu par l'évolution générale du Hip Hop ces dernières années, il s'occupe aujourd'hui beaucoup plus de basket-ball et c'est d'ailleurs dans les tribunes du tournoi de streetball parisien, le Quai 54, que nous nous sommes posés avec lui pour taper la discut'.


Tyler : Tu t'es d'abord fait un nom dans le milieu de la musique, mais il semblerait que tu t'occupes de plus en plus de basket ces derniers temps, comment ça se fait ?
Bobbito Garcia : J'ai toujours été dans le milieu basket. Avant que je ne bosse pour Def Jam en 1989, j'avais joué en pro au Porto Rico en 1987. Avant ça, j'avais joué à la fac (de 84 à 88) et toute ma vie j'ai arpenté les playgrounds de New York. Quand j'ai commencé à me faire un nom dans le Hip Hop, je continuais toujours de jouer à côté et il y avait plein de gens du milieu basket qui ne savaient pas que j'étais DJ et inversement. Au bout d'un moment, quand j'ai vraiment commencé à être connu, les gens ont réalisé que le Bobbito des playgrounds et celui des soirées Hip Hop était le même.

T : C'était comment de jouer au Porto Rico ?
B.G. : C'était incroyable ! Tu sais, quand l'équipe nationale a battu les USA lors du premier match des derniers Jeux Olympiques, j'étais l'une des rares personnes à ne pas être surpris parce que, quand j'ai joué là-bas, j'ai pu me rendre compte qu'il y avait du niveau et un réel potentiel. En 1976, les Américains ne nous avaient battus que d'un point et notre ligue professionnelle a dix ans de plus que la NBA ! Ça fait très longtemps que nous aimons ce sport et il y a de nombreux joueurs légendaires au Porto Rico. Jouer là-bas, ça a été l'une des meilleures expériences de toute ma vie. Je ne fais que 1,78 m et je suis maigrichon, et pourtant j'ai eu l'occasion de jouer pro dans mon pays d'origine. Jamais je n'aurais cru que ce serait possible…

T. : Est-ce que tu penses que les joueurs NBA ont enfin compris que le basket international c'était du sérieux ?
B.G. : Oh oui ! S'ils n'avaient pas encore pigé, cette fois ils ont eu le message. De toute façon, c'est évident, quand tu regardes le nombre d'étrangers qui évoluent maintenant en NBA et qui y excellent. Pour le basket playground, c'est la même chose, c'est en train de se développer partout à travers le monde. Je suis rédacteur en chef d'un magazine de basket qui s'appelle Bounce et on a fait des papiers sur des mecs du monde entier, de l'Afrique du Sud à Tokyo en passant par Londres ou même Paris - ce sera dans notre numéro d'automne -.

T. : Comment est-ce que tu as eu l'idée de lancer un magazine ?
B.G. : Je ne me suis pas lancé tout seul, j'ai quatre partenaires. Moi, j'avais voulu lancer un truc il y a huit ans de ça, mais ça ne s'était pas fait, et puis finalement, mes actuels associés sont venus me voir parce qu'ils avaient une idée similaire à la mienne. Là, j'ai sauté sur l'occasion. Le mag' existe depuis deux ans maintenant et pour l'instant ça se passe très bien.

T. : J'ai aussi entendu dire que tu avais une émission de télé sur ESPN, tu peux nous en parler un peu ?
B.G. : Bien sûr, ça s'appelle "It's the shoe". C'est très orienté "sneaker culture", j'ai été contacté par ESPN parce qu'il y a quelques années, j'ai sorti un bouquin sur les baskets qui s'appelle "Where did you get those ?". Dans l'émission, je me rends chez des athlètes connus et je les interroge sur leur collection de sneakers. Le show marche très fort et j'espère enchaîner très vite sur une deuxième saison.

T. : Des gens que tu as interviewés jusqu'à présent, qui a la collection de sneakers la plus dingue ?
B.G. : Je dirais Quentin Richardson (ndlr des New York Knicks) et Carmelo Anthony (ndlr des Denver Nuggets). Mais c'est trop facile pour eux, ils ont le cul bordé de sneakers (rires) et en plus ils ne les paient même pas. Pire, on les paie pour les porter ! C'est pour ça qu'une des choses sur lesquelles on insiste bien dans l'émission c'est que c'est la qualité et le goût qui comptent, et pas la quantité. Tu peux n'avoir qu'une paire de baskets et avoir beaucoup de style et être mieux sapé qu'un mec qui a cinq cent paires de pompes mais qui ne sait pas comment les porter.

T. : J'ai lu que tu étais désormais un "ex-sneaker addict" et que tu t'étais débarrassé de ta collection, c'est vrai ?
B.G. : Oui, absolument, pourtant j'avais à peu près cinq cent paires de shoes. Mais le truc, c'est que je trouve qu'un des gros problèmes du Hip Hop aujourd'hui, c'est qu'il est devenu trop matérialiste. C'est vrai qu'il l'a toujours été, mais avant il n'y avait pas que cette facette-là qui était mise en avant. Du coup, ça aurait été hypocrite de ma part de critiquer les autres tout en restant matérialiste moi-même. Moi, je suis un basketteur, donc j'ai besoin de bonnes chaussures pour pratiquer mon sport et c'est tout. Je n'ai pas besoin d'en avoir des centaines. Mais je continue de m'intéresser de près au sneakers. J'ai même dessiné quelques models. J'en ai fait pour Adidas (il le prononce à la française en rigolant), pour les 35 ans de la Superstar, j'ai fait un model spécial, limité à 4000 exemplaires, signé Project Playground, c'est le nom de l'équipe de basket avec laquelle je joue et avec laquelle je fais des démonstrations. C'était une très bonne expérience. En ce moment, je suis en contact avec Reebok pour éventuellement faire le design de leur "DJ shoe", on va peut-être faire une édition spécial DJ Cucumberslice (ndlr l'un de ses pseudos).

T. : En tout cas, si tu décides un jour de te débarrasser de tes disques, passe moi un coup de fil, ok ?
B.G. : (Rires) Ok, ok. C'est vrai que j'ai beaucoup de disques. Mais tu sais, je vais les garder jusqu'au bout parce que je veux pouvoir les donner à mes gamins. Moi, j'ai eu la chance d'hériter de la collection de mon père, dedans il y a pas mal de disques des années 50, donc si je les donne à mes enfants, ces disques auront presque 70 ans.

T. Qu'est ce qu'il est advenu de tes labels Fondle 'Em et Fruitmeat Records ?
B.G. : Les deux sont morts. En ce moment, j'ai vraiment trop à faire pour pouvoir m'occuper en plus d'un label. Et puis, la scène underground n'est plus ce qu'elle était. Je préfère dépenser mon énergie en me lançant dans de nouveaux défis, comme l'émission de télé ou le magazine. Je fais aussi les voix sur les jeux NBA Street volume 2 et 3 de EA Sports, là je vais enchaîner sur un documentaire basé sur le livre "Where did you get those ?", je continue de mixer deux fois par mois à New York et je fais aussi des soirées un peu partout à travers le monde, donc tu vois, j'ai plein de projets.

T. : Certaines personnes ne le savent peut-être pas, mais c'est toi qui a aidé MF Doom à relancer sa carrière, est-ce que tu es surpris par son récent succès ?
B.G. : Oui et non. En tout cas, je suis trop content pour lui parce que, lui et moi, on a vécu plein de trucs ensemble. Après la mort de son frère, il s'est fait viré par Elektra quand il était encore Zev Lov X de KMD, il a pas mal galéré et quand il est devenu MF Doom, c'est moi qui ai sorti ses cinq, six premiers disques sur Fondle 'Em. C'était vraiment cool de bosser avec lui, même si parfois il était re-lou comme personne (il éclate de rire). Mais c'est mon pote, j'ai plein d'amour pour lui et ça fait vraiment plaisir de voir réussir quelqu'un qui a autant travaillé que lui. La semaine dernière, je l'ai vu en concert à Central Park avec De La Soul et The Roots, c'est mortel tout ce qui lui arrive.

T. : Selon toi, qu'est-ce qui a le plus changé dans le Hip Hop ces dix dernières années ?
B.G. : Je pense que, d'un point de vu créatif, le Hip Hop a atteint son apogée il y a dix ans de ça. Maintenant, on dit qu'untel ou untel est le meilleur, mais c'est juste qu'ils vendent beaucoup de disques. Il y a dix ans, les rimes étaient bien mieux écrites, maintenant il y a beaucoup de refrains chantés… ce qui est cool parce que le chant a toujours fait partie du Hip Hop mais je trouve qu'en ce qui concerne l'écriture pure et la façon dont les beats sont construits, on a déjà atteint le top il y a dix ans. Dans dix piges, il y aura une nouvelle forme de culture et de musique qui aura émergé.

T. : Tu continues quand même d'écouter des trucs qui sortent maintenant ?
B.G. : Oui, absolument. Je vais à Fat Beats une fois par mois et je continue de surveiller ce qui se passe. J'adore le nouvel album de Common, j'aime beaucoup Medaphoar de Stones Throw, il y a toujours des gens qui font de la bonne musique, c'est juste qu'ils ne sont plus aussi nombreux qu'avant. C'est pour ça que j'ai arrêté d'animer l'émission de radio que je faisais avec Stretch Armstrong. Je l'ai fait pendant douze ans, mais quand tu dois tenir l'antenne de une heure à quatre heure du matin et que tu n'as que cinq disques que tu as vraiment envie de passer, c'est chaud…

T. : L'an dernier, avec DJ Spinna, vous avez sorti deux compilations mortelles de reprises de Stevie Wonder. Est-ce que tu as écouté son nouveau disque ?
B.G. : Non, j'ai juste entendu son single. J'ai bien aimé mais je n'ai pas adoré. Je trouve qu'il a essayé de mettre trop de mots dans chaque couplet, et moi j'aime quand il s'exprime avec clarté, ce qui est pourtant habituellement une de ses grandes forces. Mais j'adore Stevie Wonder, c'est mon artiste préféré… (Avec un air amusé de défi) je l'aime plus que Run DMC !

Vous trouverez plus d'infos sur Bobbito sur les sites suivants :
www.somosarte.com/Bobbito/
http://www.projectplayground.com/
http://www.bouncenyc.com/

15 décembre 2005

Tyler 18, dans tous les kiosques !

Qu'est ce que Tyler-blog ? What is Tyler-blog?

Tyler, c'est le magazine Sports et Cultures Urbaines.

Un mag de passionnés pour les passionnés, de sports, de musique, de culture, de fringues, de cinéma, de graphisme... bref de tout ce qui bouge et qui remue dans l'underground.

Pas de tabous ni de sujets hors d'atteinte pour Tyler. Tant que ça nous/vous intéresse, on en parle. De la NBA au cyclisme, de Céline à Kery James, de la sneaker-culture à Dupontel en passant par Thierry Henry, R.A. The Rugged Man ou Tinker Hatfield, on trouve tout et de tout dans Tyler.

Mais alors pourquoi ce blog ?

Tout d'abord, parce que c'est la meilleure façon pour nous de rester au plus près de vous entre chaque numéro. Mais pour une autre raison, également. En tant que journaliste, il est toujours frustrant, faute de place, de devoir effectuer des coupes sombres dans les interviews ou dans les articles et de ne pas pouvoir laisser parler les artistes ou les sportifs auxquels nous nous intéressons, autant que nous le souhaiterions.

Ce blog sera donc le complément idéal du magazine. Vous y trouverez des interviews intégrales, des chroniques inédites et des annonces concernant les principaux évènements sportifs ou culturels à ne surtout pas manquer.

Stay tuned…


Tyler is the Sports and Urban Cultures' magazine.

A magazine made by passionate people for passionate readers, about sports, music, culture, gear, movies, design… everything that moves and shakes in the underground.

Nothing is out of bound or out of reach for Tyler. As long as we/you're interested in it, we'll talk about it. From the NBA to cycling, from Celine to Kery James, from the sneaker-culture to John Gotti, from Thierry Henry to R.A. The Rugged Man or Tinker Hatfield, you can find anything and everything in Tyler.

What is the purpose of this blog, then ?

First of all, it is the best way for us to stay close to you in between issues. But there's another reason also. It's always frustrating for us journalists, to have to cut down the interviews and the articles about the artists or athletes that we're interested in.

Therefore, this blog will be the perfect complement to the magazine. Here, you'll find un-cut interviews, exclusive reviews and previews about all the sports and cultural events that you absolutely don't want to miss.

Stay tuned…